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Encore toi!

Février 2009, j'ai rendez-vous avec mon neurochirurgien pour les résultats de la dernière résonnance passée en janvier dernier. Habituellement, je suis toujours accompagnée, mais aujourd'hui j'ai préféré être seule pour recevoir le verdict, car je me doute que les nouvelles ne seront pas réjouissantes. Je n'avais pas tort de m'inquiéter, c'est avec un visage défait que mon neurochirurgien m'annonce que la tumeur est revenu. Quelque part, j'avais été sa fierté en tant que patience, 9 ans sans aucune récidive. J'entends souvent dire que les médecins sont froids pour annoncer de mauvaises nouvelles. Et c'est vrai, mais il faut comprendre aussi qu'il n'y a pas cinquante-six mille manières d'annoncer de mauvaises nouvelles et qu'il faut aussi quelque part que ceux-ci se protègent. Trop d'implication personnelle empêche de prendre les bonnes décisions. Il m'avisa donc que d'ici 15 jours il allait m'opérer. Lors de ce genre d'évènement, je me laisse toujours un 24 heures d'apitoiement sur mon sort, je pleure ce que j'ai à pleurer, je vis ma peine et après je rebondis, je prends mes gants de boxe et je fonce.

 

Cet après-midi-là, j'ai erré ici et là anéanti par la nouvelle même si j'avais eu des doutes. Mais entre des doutes et certitudes, il y a une marge. En fin d'après-midi, j'annonçais la nouvelle à mon frère, il est rare que j'aie vu celui-ci pleurer, mais cette fois-ci nous avons pleuré ensemble. Nous savions par où j'allais passer et quelles étaient les probabilités que la tumeur ait muté et par le fait même influencer mon taux de survie. Le lendemain matin, on m'appela pour me dire que j'allais être opérée le lundi suivant, que mon entrée à l'hôpital était planifiée pour le dimanche. Il me restait exactement 4 jours pour mettre à jour, testament encore une fois tant financier que biologique, mandat d'inaptitude, les autorisations de divulgation de mon dossier médical, bref un tas de documents que l'on ne pense pas nécessaires, mais qui en réalité seront essentiels pour ceux qui devront prendre les décisions pour nous en cas d'inaptitude ou de décès. Il fallait aussi que je place chien et chats en pension et que j'avise tous les amis (es). Brefs, 4 jours c'est court et c'est long tout à la fois.

 

Je fus donc opérée le lundi, autant la première fois cela avait pris presque 12 heures en salle d'opération, cette fois-ci un peu plus de 5 heures. Ce n'est pas parce que les techniques opératoires se sont améliorées, mais tout simplement comme me l'a expliqué mon neurochirurgien, que le chemin avait été fait lors de la première opération. Aujourd'hui, c'est une plaque de titane que j'ai sur la partie du crâne opéré, à faire attention lorsque l'on passe aux douanes ou même encore certains magasins. Bref, lors de la première opération j'étais restée 2 semaines à l'hôpital et la première semaine a passé très vite puisque la plupart du temps je dormais amortie par les antidouleurs. Je me souviens encore que le bruit et la lumière m'était intolérable, que je gardais les stores et la porte de ma chambre d'hôpital fermés. La condition pour que l'on me donne mon billet de sortie avait été que je sorte de celle-ci et que je socialise. Pas besoin de vous dire que lors de la deuxième opération je m'étais fixée comme but de sortir de là le plus tôt possible.

 

Surprise, c'est le mal de coeur qui m'a réveillée et il est resté toute la première semaine d'hospitalisation.  J'ai repris du mieux au cours de la deuxième semaine, ce qui m'a permis de retourner en convalescence pour une autre semaine chez mon frère. Pas le choix, ordre du médecin ou je restais à l'hôpital. Je l'ai dit , j'ai la tête dure, ce qui fait qu'à la 7e journée chez mon frère, je faisais mes bagages et je retournais chez moi, non sans avoir fait un détour pour récupérer chien et chats. Merci à mon grand ami de m'avoir accompagnée pour mon retour à la maison. Home sweet Home! Quel bonheur d'être de retour chez moi, de retrouver ma maison, mes chats et chien, non pas que je n'étais pas bien chez mon frère, mais rien de tel que de se retrouver dans nos pénates.   Maintenant il me fallait être patiente et attendre mon rendez-vous avec celle qui deviendrait mon oncologue. Il me fallait attendre les résultats concernant ma tumeur. Était-elle restée simplement un oligodendrogliome ou avait-elle choisi de muter!

Et la Saga Turcotte continue!

Il y a quelque temps, j'écrivais sur ce procès qui a fait réagir tout le Québec. N'avais-je pas écrit que la Saga Turcotte ne se terminerait pas ainsi. Eh oui!, l'outrage des Québécois à l'énoncé du verdict a fort probablement influencé la Couronne qui n'a pas réellement le choix que d'aller en Appel. C'est donc vendredi dernier que l'on a appris que celle-ci interjetait appel dans le procès de Guy Turcotte. Malheureusement, on devra attendre environ un an avant de savoir si la Cour d'Appel acceptera cette requête et s'il y aura un autre procès.
 
 
Eh oui surprise! Un autre procès et pourquoi? Parce que la Cour d'Appel ne peut pas changer le verdict du jury, tout ce qu'elle peut faire c'est d'entendre les motifs de la Couronne. Dans l'éventualité où celle-ci accepterait lesdits motifs, elle ordonnera un nouveau procès. Et après, combien de temps cela prendra-t-il pour refaire un procès? Encore une autre année ou peut-être plus. En attendant, M. Turcotte recevra les soins psychiatriques auxquels il a droit. La question que je me pose, est-ce que nous aurions eu la même réaction s'il avait tué sa femme au lieu de ses enfants? Bon, je comprends que nous ayons une réaction, qu'il est impossible qu'un parent aimant son enfant puisse lui faire du mal. Mais combien d'enfants sont battus négligés ou maltraités, pourtant cela est tout aussi odieux et outrageux. Alors, pourquoi cette réaction si intense, ne peut-on tout simplement, accepter le fait, qu'effectivement celui-ci n'avait pas toute sa raison. Et si à l'issue d'un deuxième procès, on en arrivait à la même conclusion, que ferions-nous? Et s'il y avait condamnation, la Défense n'irait-elle pas aussi en appel? À ce rythme-là, on n'en finira plus! Entendons-nous bien, je ne dis pas que j'excuse ses gestes, non! Ce que je me demande, c'est si notre réaction n’était elle pas dictée par un sentiment de peur. Si un médecin est capable de faire cela à ses propres enfants, quand serait-il d'un simple ouvrier n'ayant pas reçu la même éducation académique. Et si celui-ci avait été une femme, aurions-nous eu la même réaction? N'aurions-nous pas plus facilement accepté qu'elle ait eu un moment d'égarement, qu'elle ait été en dépression sévère? L'horreur des gestes commis est tout simplement inacceptable pour quelqu'un ayant toute sa raison, mais n'est-ce pas là toute la question. Ne faut-il pas ne plus avoir toute sa raison pour commettre de tels actes?
 
 
 
Il a été dit qu'il souffrait d'un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, cela ne veut pas dire que tous ceux souffrant de cette maladie mentale commettent de tels actes. Non! en effet. La peine de mort a été abolie chez nous, parce que nous ne voulions pas que des innocents paient pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. Alors en ce qui concerne les causes où les accusés ne sont pas criminellement reconnus coupables, ne devrions-nous pas plus tôt amender notre Code criminel? Peut-être pourrions-nous les déclarer coupable,mais en vertu de troubles mentaux on les réfèrerait à un centre psychiatrique où ils seraient soignés et où ils y purgeraient une peine avec le même nombre d'années que s'ils avaient été reconnu coupable de meurtre non prémédité ou homicide involontaire. Car enfin, ce qui nous choque, c'est la possibilité qu'un tel individu soit dans nos rues dans un an ou deux. Qu'un homme ou une femme n'acceptant pas l'échec de son couple en viennent à commettre ces gestes et plaident la non-responsabilité pour cause d'aliénation. Enfin, une dernière question reste en suspens, qu'est-ce que la Justice? Venger des enfants morts dans d'atroces souffrances ou reconnaître que dans une Société comme la nôtre, il se peut que quelqu'un, quelque part, perde la raison et pose des gestes inadmissibles et qu'il a besoin d'aide psychiatrique au lieu d'être emprisonné dans un milieu carcéral. La réponse définira la Société que nous sommes.

Quand on tourne une page!

Ma mère morte, les maux de tête firent leur apparition, j'en fis part à mon neurochirurgien ainsi que les derniers évènements. On décida de me faire passer une résonnance magnétique un peu plus tôt que prévu, dans le but d'éliminer la possibilité d'un retour de la tumeur. En décembre, j'eus donc mon résultat, négatif. J'étais contente que ce ne soit que le stress accumulé et le fait que j'étais en deuil. Il y a plusieurs étapes au deuil et à vrai dire je ne sais pas si j'ai vécu toutes les étapes. Mais je sais que pendant une année entière, les 22 de chaque mois m'étaient difficiles. Avant de partir, ma mère me fit promettre de vendre ma maison et de réaliser mon rêve d'une oasis à la campagne. Je voulais prendre une année de réflexion avant de vendre, mais chaque fois que je faisais la vaisselle, sans raison apparente, je m'effondrais en pleurs et je passais des heures assises à terre sans aucune énergie, j'émergeais de cette torpeur pour aller me coucher.
 
 
 
J'évitais donc cette pièce et au bout de quelques semaines, je mis cette dernière en vente. Le sort était jeté, un mois après elle était vendue. Je partis donc à la recherche de la perle rare, une maison à la campagne avec beaucoup de terrain et possibilité d'y ajouter une petite écurie. J'ai réalisé ce rêve en un charmant cottage blanc et vert sur un terrain de 70,000 pc dont 15,000 pc boisé et tout au fond du terrain un ruisseau. Le rêve qui se réalisait enfin! J'ai déménagé en mai 2008, le temps de faire les rénovations nécessaires j'étais tout installée en septembre. J'étais fatiguée, tant physiquement qu'émotivement. Au cours des dernières années, j'avais beaucoup donné à ma famille et j'avais mis de côté mon propre bien-être. Maintenant que je n'avais plus rien pour me distraire, je commençais à penser à ma vie aux choix que j'avais faits et aux choix que je voulais faire. J'ai vécu une période de révolte durant cet automne là. Cette dernière fût dirigée vers ma mère, je réalisai que je lui en voulais d'avoir baissé les bras lors des dernières années et dans certaines périodes de sa vie. À son anniversaire de décès, je suis donc allée sur sa tombe, je lui ai parlé, je l'ai questionné, je lui ai fait part de mes émotions et puis tout d'un coup, j'ai senti comme une libération, elle a fait ce qu'elle avait pu, ni plus ni moins. Elle avait fait ses choix et les avait tant bien que mal assumés. De ce jour, je ne lui en ai plus jamais voulu. Je vais me recueillir sur sa tombe une fois ou deux par année, et c'est toujours avec tendresse que je vais lui dire un beau bonjour à elle et ma grand-mère puisqu'elles reposent ensemble sur le même terrain. Je pense à vous les filles, où que vous soyez!
 
 
 
M'étant négligée au cours des dernières années, je me repris en main avec régime et conditionnement physique, mais cette fois-ci un peu plus mollo dans mes attentes, je voulais seulement perdre les quelques 20 livres qui s'étaient logés sur mon corps. Je me disais qu'avec un peu de discipline, en perdant ce poids je retrouverais une certaine énergie. Décembre 2008, j'attends le retour des vacances du temps des Fêtes pour enfin passer ma résonnance magnétique, j'ai un mauvais pressentiment. Je ne sais pas, c'est comme si mon corps me prévenait d'une mauvaise surprise. C'est la première fois que je parle d'un retour probable de cette tumeur. Les gens autour de moi en sont étonnés, j'ai toujours été très positive. À chaque examen, je savais que tout était beau ou tout au moins je n'avais pas ce mauvais feeling!
 
 
Mon havre de paix, mon petit coin de paradis!
 
 

Ode à ma mère.

Femme libre et indépendante, notre mère ne désirait en aucune façon intervenir dans la vie et dans les décisions d’autrui. Éprise d’harmonie, elle détestait les disputes, les conflits et les attitudes extrêmes. Ouverte d’esprit, elle communiquait avec souplesse sans parti-pris, mais curieusement elle était beaucoup plus secrète et pudique que l’on ne pouvait imaginé.
 
Détestant les débordements émotionnels, elle avait une nette propension à se réfugier dans l’intellect lorsqu’elle se sentait troublée. Sa sensibilité étant intériorisée, il était rare qu’elle passe les barrières qu’elle s’était construites. Malgré cela, elle nous a toujours démontré son amour en gestes et en paroles. Comme une lionne défendant ses petits, elle s’est battue pour nous donner un foyer rempli d’amour,de tendresse et de paix.
 
Avec son esprit ouvert et son sens aigu des nuances, elle jugeait avec tolérance et impartialité en tenant compte des deux sons de cloche, et ce, afin de trouver des solutions équitables. Même si son goût de la conciliation l'a parfois empêché de soutenir fermement ses idées, elle était combative et réfléchie. Elle réduisait les obstacles en les contournant, estimant que foncer était une stupide dilapidation d’énergie. À ses yeux, un combat n’était jamais perdu et elle était capable de revenir à la charge au moment opportun.
 
Femme exceptionnelle, elle nous aura légué des valeurs d’indépendance, d’égalité, d’honnêteté intellectuelle, de rigueur dans ce que l’on fait, de courage, de respect, de générosité, mais surtout, la liberté d’être ce que l’on est!
 
Merci Maman!

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Remerciements

Eh maman, y-a-t-il autre chose après?

Au cours des dernières années, j'ai eu la chance de développer une grande complicité avec ma mère. Nous avons parlé d'amour, d'amitié, de famille, d'enfant, de mort, autant la sienne que la mienne. J'ai toujours cru à la réincarnation, allez savoir pourquoi, mais depuis toute jeune, j'ai la certitude d'une autre vie après la mort ainsi qu'à la réincarnation. L'évolution de l'être humain tend à indiquer qu'il y a un but, la perfection. Cela ne saurait se réaliser dans une existence unique si longue et si fructueuse soit elle. C'est, je crois,par nos propres efforts, nos luttes, nos souffrances que notre âme s'élève. Entre nos réincarnations, je pense qu'il doit y avoir un lieu où nous pouvons voir notre évolution, ce que l'on a appris, corrigé, construit et nous pouvons choisir pour la prochaine vie, quels seront nos objectifs.
 
 
Ma mère était athée. Entendons-nous, comme les gens de sa génération, elle a vécu sous le joug de la religion catholique. Enfant pendant la guerre, elle vécut avec ses soeurs au couvent. Elle y vécut très malheureuse, haïssant l'injustice dont elle était victime plus souvent qu'à son tour, étant réfractaire à la discipline du couvent. Des années plus tard, lorsqu'elle demanda le divorce, elle fût exaspérée par l'étroitesse d'esprit de la religion catholique. Elle nous disait que ce n'était qu'un tas d'ineptie, que si Dieu était Amour, alors pourquoi tant d'injustice dans ce monde. Pourquoi tolérer les guerres s'il détenait le pouvoir de les empêcher. Pourquoi voir un enfant souffrir d'une grave maladie, s'il pouvait l'en guérir. J'étais désolée qu'elle soit dans cet état d'esprit devant sa propre mort, j'aurais voulu qu'elle puisse partir plus sereinement, sans remords et sans regret.
 
 
Au cours des dernières semaines de sa vie, j'ai tenté à plusieurs reprises de l'amener à l'idée qu'il y avait une autre vie après sa mort. Un lieu où elle pourrait se reposer et comprendre. Jamais je n'aurais imaginé que ce serait par l'intermédiaire d'un aumônier qu'elle vivrait ses derniers moments en toute sérénité. Durant son premier séjour à l'hôpital en attendant son verdict, elle avait reçu la visite de ce dernier qui voulait simplement soit lui parler ou l'écouter, elle l'a toujours mis à la porte. Quelques jours avant de mourir, alors que j'étais assise à son chevet, ce dernier passa lui dire un petit bonjour, quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'elle me pria de la laisser seule quelques moments, avec ce dernier. J'ai quitté la chambre, mais je suis restée dans le corridor pas trop loin où je pouvais voir sans entendre ce qui se disait. J'ai vu alors une femme se transformer, je ne saurai jamais ce qui s'est dit, mais il a su trouver les mots. Lorsque je suis revenue, elle m'a simplement dit qu'elle n'en aurait pas pour longtemps, qu'elle pouvait maintenant partir.
 
 
Elle s'éteignit dans les bras de mon frère, trois jours plus tard, soit le 22 octobre à 23hr30. Nous quittâmes mon frère et moi l'hôpital quelques heures plus tard. Nous avions voulu l'accompagner jusqu'à son dernier souffle, mais aussi jusqu'à ce que le médecin la déclare officiellement morte. Allez savoir pourquoi, sans en avoir parlé préalablement, nous tenions à nous faire confirmer sa mort alors que nous en avions été témoins. J'arrivais donc chez moi épuisée et directement je me suis dirigée vers mon lit pour enfin passer une bonne nuit de sommeil. Cela faisait à peine quelques minutes que j'étais couchée, j'étais ,vous savez, juste au moment où l'on sait que l'on va s'endormir, lorsque j'ai senti la présence de ma mère qui s'allongeait à côté de moi et qui m'enlaça avant de me murmurer: il y a quelque chose après, c'est si beau, si tu savais. J'ai réellement senti les bras de ma mère autour de moi, j'ai réellement entendu sa voix dans ma tête, je n'étais sous l'influence d'aucune drogue, alcool ou pilule. Lorsque j'en ai parlé avec mon frère, il m'a crue, pour lui cela était normal, elle venait me rassurer, elle était bien. Alors maman, quand viendra mon tour, j'espère que tu seras là pour m'accueillir.

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Conviction

Quand la fin arrive!

Septembre 2007, j'avais réussi à obtenir un rendez-vous avec une gastroentérologue à l'Hôpital où l'on me suivait pour ma tumeur. Nous avions rendez-vous en matinée, dès qu'elle vit ma mère et après quelques examens, elle téléphona à un collègue, et quelques heures plus tard, ma mère fut hospitalisée. Au bout d'une semaine, le verdict tomba: cancer du poumon , un Adénocarcinome, inopérable, aucun traitement de chimiothérapie ou de radiothérapie. De toute façon, cela faisait tellement longtemps que ma mère n'avait plus le goût de vivre, que pour elle ce fût comme une bénédiction. Le médecin lui donna quelques mois, après discussion nous décidâmes qu'elle finirait ses jours avec sa famille, nous quittâmes l'hôpital à la fin de septembre 2007 et ma mère décéda le 22 octobre 2007.
 
 
J'ai pu garder ma mère à la maison avec l'aide du CLSC et la Fondation québécoise du Cancer. Nous avions mis son lit s dans le salon à côté de la mienne où je pouvais l'observer. On avait mis à sa disposition un lit électrique, l'infirmière venait la voir régulièrement et une aide du CLSC venait la laver et la garder afin que je puisse avoir quelques heures de repos. J'avais fait une promesse à ma mère, la garder à la maison jusqu'à la fin, malheureusement, il a fallu au bout de quelques semaines la retourner à l'Hôpital où elle fût admise en milieu palliatif. Je peux vous dire qu'il y a eu des gens là-bas d'une extrême bonté, d'une écoute et d'une attention vis-à-vis des patients comme j'ai rarement pu voir dans ma vie.
 
 
J'ai réalisé avec cette expérience, que même avec beaucoup d'aide, il est extrêmement difficile de garder une personne à la maison. Combien de nuits blanches ai-je passées, parce que j'avais peur que ma mère ne meure seule durant mon sommeil. Combien de fois me suis-je penchée sur elle pour vérifier qu'elle respirait, combien de fois ai-je vu la douleur dans ses yeux et sa demande muette d'en finir au plus vite. Quand il a fallu la retourner à l'Hôpital, une partie de moi était contente car enfin je pouvais respirer, mais l'autre partie se sentait coupable, de n'avoir pu accomplir sa promesse . Aujourd'hui, je ne regrette, ni ces quelques semaines à la maison, ni sa dernière semaine aux soins palliatifs. C'était là qu'elle devait finir ses jours, tout le personnel a été d'une telle gentillesse à son égard, je les remercie pour le travail extraordinaire qu'ils accomplissent auprès de nos chers malades.

L'Incompréhension totale!

J’ai lu quelque part que la Justice était une notion insaisissable. Que pour la plupart d’entre nous cela supposait l'équité, le caractère rationnel et l'application de la loi . Qu’un des principes fondamentaux en droit criminel était que la responsabilité criminelle ne reposait que sur une intention coupable. C’est pourquoi, semble-t-il, la plupart des procès tourneraient autour de la question à savoir si l'accusé avait l'état d'esprit nécessaire plutôt que de savoir s'il avait effectivement perpétré l'acte interdit.

 

Il semblerait aussi, que la preuve de l'état d'esprit doit être établie avec la même certitude que les autres éléments du crime, et que la poursuite doit présenter une image précise de l'état d'esprit du prévenu au moment où l'infraction a été commise. Le droit criminel est le moyen par lequel une Société affirme ses valeurs et quoique le droit à la condamnation appartient à la collectivité par l’intermédiaire de juge et jury et qu’il soit dans l’intérêt de celle-ci de réprimer la criminalité, il est tout aussi important de ne pas créer une Société dont les membres vivraient dans une peur constante de condamnation injustifiée.

 

Dans le cas de M. Turcotte, nous pouvons douter de son soi-disant état d’esprit, et pouvons croire qu’il s’agit d’un être égocentrique, narcissique, manipulateur, mais si 11 jurés composés de femmes et d’hommes ont déterminé que la poursuite n’avait pas été en mesure de prouver l’état d’esprit de celui-ci au moment des faits, et qu’à sa décharge, ce dernier par l’intermédiaire de ses avocats et des spécialistes a prouvé qu’il n’avait pas l’état d’esprit nécessaire. Alors nous n’avons d’autres choix que de nous incliner face à la décision du jury.

 

Nous n’étions pas dans sa tête à ce moment-là, et personne à part lui, ne peut dire avec certitude les intentions qui l’habitaient. C’est maintenant à un tribunal administratif de décider du sort de M. Turcotte à savoir, un emprisonnement dans une institution psychiatrique ou une remise en liberté avec ou sans condition. Il n’est pas dit que la Saga Turcotte se terminera ainsi . Quoi qu'il en soit, si effectivement il a perdu la raison au moment des faits, son enfer a commencé quelque part en février 2009, et il aura à vivre le restant de ses jours avec les actes qu’il a posés et quelques soit la thérapie qu’il suivra, il arrivera difficilement à se pardonner et à vivre heureux.

 

Tant qu’a Isabelle Gaston, je lui souhaite de retrouver la paix de l’âme, une vie plus sereine et heureuse et ce, malgré la perte de ses enfants. Que ceux-ci reposent en paix.

 

Aux familles respectives, bon courage!

 

 

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L'Affaire Guy Turcotte

Ah! les hôpitaux.

On critique souvent notre système de santé au Québec en ce qui me concerne, j'ai toujours été bien servie que ce soit à l'urgence, au bien comme patiente à l'étage ou encore avec des spécialistes de tout genre. Le plus difficile c'est d'y avoir accès, mais dès qu'on est dans le système on nous prend en main, en tout cas en ce qui me concerne. Je sais que ce n'est pas toujours rose et que certains auraient des horreurs à raconter, mais ce que je sais c'est que la majorité du temps, tous font leur possible pour nous guérir ou nous rendre le séjour à l'hôpital plus acceptable. Cela n'empêche pas les heures d'attente que nous passons à l'urgence dans l'espoir de voir un médecin.
 
 
Au cours des dernières années, j'ai fréquenté assez souvent le milieu hospitalier, que ce soit pour moi, pour ma mère ou bien pour des amies. Chaque hôpital a ses forces et ses faiblesses et malheureusement lorsqu'on appelle le 911 on a pas toujours le choix de l'hôpital. J'ai fréquenté environ pendant 2 ans les hôpitaux pour ma mère avant que celle-ci ne décède. Elle a passé par 3 périodes de C.Difficile, où je devais me rendre chaque jour pour la laver, changer son lit et la faire manger et je la quittais alors qu'elle devait s'endormir pour la nuit. Je l'ai accompagné à tous ces examens, j'ai parlé avec tous ces médecins, tout ça pour me faire dire après 1 an et demi, qu'elle avait sans doute un cancer et que lorsque celui-ci apparaîtrait, il serait trop tard.
 
 
Alors que dans certains hôpitaux cela semble tourner comme sur des roulettes, d'autres par contre laissent à désirer. Est-ce de l'incompétence de la part des gestionnaires ou du personnel. Peut-être, mais en tout cas, une chose est sur, c'est un manque total d'organisation. Je n'ai jamais compris pourquoi lors de l'hospitalisation d'un patient pendant des semaines, celui-ci ne voyait jamais le même médecin chaque semaine. Pourquoi à chaque fois qu'on lui attribuait un nouveau médecin, doit-on encore et encore raconter le pourquoi de son hospitalisation. Pendant 2 ans, je me suis promenée avec une liste de médicaments ainsi qu'un historique médical que je remettais irrémédiablement à ses médecins. Ça évite de raconter à chaque fois la même histoire au risque d'oublier des éléments importants.
 
 
Un des problèmes majeurs de notre système de santé est, je crois, nos personnes âgées. J'entends par là que ces dernières occupent une place importante dans notre système de santé. Alors, pourquoi ne pas donner des vocations spéciales à certains hôpitaux et respecter ainsi nos ainés. Je pense qu'il faut une vraie vocation pour s'occuper de ces personnes, elles ont besoin d'êtres accompagnés et non pas bousculés. Elles ont des besoins spécifiques et sincèrement, je ne crois pas que chaque hôpital a les ressources et les compétences nécessaires. Aujourd'hui, il faut absolument être sur place si l'on veut que son parent soit bien traité et respecté. Je me souviens lors d'une période de C.Difficile avoir pris un dimanche de congé et dit à ma mère de m'appeler s'il y avait quoi que ce soit. Effectivement, elle m'appela en toute fin de journée, pour me dire que depuis le Midi, elle était dans une couche sale et que personne n'était venu la nettoyer et la changer, et ce, malgré ses appels d'aide fréquent. Pas besoin de vous dire que j'ai appelé immédiatement au poste et que j'ai carrément engueulé l'infirmière-chef.
 
 
 
On ne laisse pas une personne qu'elle soit âgée ou pas dans une couche souillée et ce, que l'on soit un dimanche ou un lundi. J'ai rappelé ma mère pour m'assurer qu'elle avait bien reçu les soins nécessaires et ce fût la seule fois où je ne me suis pas présentée. À partir de ce moment-là, j'étais présente tous les jours. Dès que j'ai pu, je l'ai ramené à la maison. Je ne peux pas vous dire si c'est à cause de la gestion de cet hôpital ou si nos ainés reçoivent le même traitement partout dans notre système hospitalier. Mais quoi qu'il en soit, il est grand temps que cela change. Nous ne tolèrerions pas cette situation s'il s'agissait d'enfants, alors pourquoi la tolérer pour nos ainés.

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Système de Santé

Le bénévolat

 

Je me retrouvais donc libre de mon temps et j'avais besoin de m'occuper, mais surtout, de me sentir utile. Je me suis donc présentée au Centre d'Action bénévole de mon quartier pour voir ce que je pouvais faire comme bénévolat. Je débutai par demi-journée par semaine, au centre lui-même comme réceptionniste, après un mois on me transféra à la mise à jour des dossiers des bénéficiaires ainsi que des bénévoles et au bout de quelques mois, je fus responsable des Appels et Visites d'Amitiés. Il s'agissait d'une part de coordonner les appels et visites d'amitiés entre un bénévole et un bénéficiaire. La clientèle visée étant toute personne désirant briser l’isolement, souffrant de problèmes de santé mentale, de déficience intellectuelle, physique ou sensorielle causée soit par le vieillissement, problèmes de santé ou le réseau social est limité.

 

J'ai aimé m'occuper de ce dossier, je pouvais faire le suivi de chez moi, et ce, à n'importe quelle heure ou presque. J'ai eu la chance de côtoyer des personnes de tout acabit, des jeunes et des moins jeunes, des pauvres et des mieux nantis, des gens en santé et d'autres atteints d'une grave maladie. Bref, tantôt bénévole, tantôt bénéficiaire, l'isolement, la misère humaine, la fragilité des êtres qui étaient dans une situation de privation constante, des êtres frustrés par la discrimination et le harcèlement dont ils étaient victimes, des êtres vulnérables face à la maladie et à la pauvreté. On n'a pas besoin d'aller dans un pays du tiers-monde pour voir tout cela, non juste regarder autour de nous!

 

Qui n'a pas dans son entourage, un parent, une connaissance, un voisin qui vit dans l'isolement. Il faut beaucoup de courage pour sortir de cet isolement quand on est seul et que l'on ne reçoit aucune motivation de l'extérieur. Se créer de nouvelles amitiés suppose une certaine confiance en soi. Communiquer, échanger cela permet d'exprimer des émotions et partager certaines situations difficiles, mais aussi des joies que nous vivons. Bref, cette expérience m'a amenée à ouvrir les yeux et à regarder autour de moi. Un téléphone, une fois par jour à une amie isolée, une visite régulière à une autre dans un CHSLD parce qu'elle souffre de Parkinson, un bonjour et une petite discussion à un voisin que je sais complètement seul. Non pas pour faire du bénévolat en tant que tel, mais juste parce que je sais que cette petite attention peut faire toute la différence dans leur vie et qu'eux font la mienne.

 

Le Bénévolat est une ressource importante au Québec comme partout dans le monde. Que vous soyez jeune ou moins jeune, travailleur ou retraité, quel que soit votre type d'engagement à court ou à long terme, vous vivrez une expérience enrichissante et inoubliable. Vous développerez des aptitudes, vous rencontrez des personnes avec qui vous aurez des affinités. Vous agrandirez votre réseau social, mais surtout, vous apprendrez à mieux vous connaître.

Quand il faut, il faut!

Cela faisait plus de deux ans que j'avais commencé ce programme d'entraînement. J'avais perdu énormément de poids tout en connaissant des moments plateau. Pour ceux et celles qui suivent un régime, vous savez de quoi je parle. Pour les autres, c'est lorsque votre corps décide qu'il arrête de maigrir. Cela peut durer de quelques semaines à quelques mois. On a beau continuer à s'entrainer tout en suivant le même régime ou en réduisant le nombre de calories requis dans une journée, le corps lui reste au même poids. Et malheureusement, celui-ci avait décidé qu'une perte de poids de 70 livres (32 kilos) bien, c'était plus qu'assez. J'avais beau ingurgiter 900 calories par jour, je n'arrivais plus à maigrir et j'étais complètement découragée. Mon frère me proposa donc pour m'aider de créer un site web avec forum de discussion. Il s'agissait d'un site où l'on pouvait retrouver des recettes avec le nombre de calories par portion. À cela, il y avait un forum de discussion ou tous partageaient leurs expériences ou encore s'encourageaient.

 

J'ai eu beaucoup de plaisir à concevoir ce site, j'aurais aimé que des professionnels en nutrition ou en conditionnement physique se joignent à nous, malheureusement nous étions dans les premières années du WEB et jamais nous n'aurions cru à l'essor que prendrait ce médium de communication. Nous avons gardé quand même ce site en ligne un peu plus de deux ans. Durant cette période, j'ai tenté avec mes entraîneurs plusieurs essais pour perdre les quelque 10 kilos que j'avais en surplus, ceux-ci me forcèrent à augmenter le nombre de calories par jour ce qui fait que j'ai effectivement développé une masse musculaire, mais sur la balance j'avais repris du poids. À la fin, j'ai mis fin au site et au programme d'entraînement. Je voulais prendre du recul par rapport à tout cela et voir d'autres issus pour atteindre mes objectifs.

 

Me voilà donc au point de départ, trouver un but à ma vie. Tout au long de ces années, j'avais constaté le manque de ressource pour ceux atteints du cancer et notamment ceux ayant une tumeur au cerveau. Je déplorais qu'il n'y ait pas une plateforme où les gens auraient partagé leurs expériences, s'encourager, s'entraider. Un lieu où jour et nuit, ils auraient pu partager leurs peurs, leurs craintes, leur courage. Oui, il y avait la Société canadienne du cancer qui avec certains ateliers pouvait combler certaines personnes, mais moi, je pensais plutôt à un autre genre de plateforme. Ce n'est pas tout le monde qui veulent ou peuvent s'exprimer en public, certains préfèrent le faire avec une personne seulement ou le faire dans l'anonymat. Je me souviens lorsque je prenais ma chimiothérapie à l'hôpital, combien de fois les gens se sentaient, seul face à cette maladie, combien de fois ils devaient taire leur questionnement ou bien leur peur face à leur entourage. J'ai vu des femmes se retrouver complètement seule devant la maladie, leur conjoint les ayant quittés, parce qu'il était trop difficile pour eux de s'adapter aux changements qui s'opéraient chez elle. J'ai vu la déception dans le regard de ces femmes, j'ai vu et entendu tellement de regret et de désespoir, mais j'y ai aussi vu du courage et de la détermination.

 

J'ai donc décidé d'en parler avec mes médecins qui déconseillèrent une telle aventure, trop difficile émotivement. Évite les émotions fortes, le stress et l'anxiété. J'ai capitulé, croyant qu'ils avaient raison, mais dans ma tête trotte toujours un tel projet. Peut-être, enfin compte, cela débutera-t-il avec ce blogue. On verra ou cela nous mènera, la vie des fois nous fait faire tellement de détours avant d'arriver au but, peut-être parce que tout simplement ce n'est pas le bon moment et que l'on a des expériences à vivre avant d'y arriver!